Hommage à Isabelle
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Isabelle Gravel

fut membre de l’équipe

de Ahava International

de 1996 à 2007

 

Il m’aura fallu plusieurs mois afin de réussir à déposer ces mots sur papier.  Vivre un deuil et l’intégrer exige différentes étapes qui appellent à être respectées.  Je croyais tout candidement que les connaissances de la vie après la mort et qu’un cheminement spirituel suffisaient à nous mettre à l’abri de cet endeuillement.  J’ai pris conscience que l’émotion face à la finalité terrestre est bien humaine, qu’il est nécessaire de la laisser circuler et d’en prendre soin.

Nous étions le 15 août de l’an 2007 - journée consacrée à l’ascension de Marie (l’Assomption) - le soleil se pointait très discrètement à travers quelques gouttes de pluie et des nuages qui sévissaient.  C’est le jour que l’âme d’Isabelle choisit pour quitter le plan terrestre.

Quelques journées auparavant (30 juillet), je fus témoin d’un rêve qui m’a fait tressaillir de la tête aux pieds : j’étais au chevet de mon amie Isabelle qui s’apprêtait à mourir.  Sa mère et moi étions à ses côtés, sachant que c’était bel et bien la fin.  Je me voyais demander à sa mère si elle acceptait de faire jouer l’Ave Maria de Schubert à l’occasion des funérailles.

Ce matin-là, frissonnante et quelque peu secouée par ces visions à travers ma nuit blanche, je me rendis très tôt au lieu du séminaire, car je débutais une formation et j’étais empressée de raconter ce rêve-vision à l’autre enseignant.  Je ne sais trop ce qui résonna en lui à ce moment, mais quant à moi, je me mis immédiatement en mode « erase » de toutes traces de cette nuit.

Le lendemain, nous nous préparions à un souper de célébration avec les participants.  J’invitai Isabelle à se joindre à nous.  Elle refusa sur-le-champ et m’informa qu’elle se sentait très fatiguée.  J’eus alors - le temps d’un éclair – des relents de ce rêve.  J’insistai et elle refusa de nouveau.

Nous étions à festoyer et à savourer un succulent « shortcake » aux fraises et voilà qu’Isabelle - le regard pétillant au bleu du ciel – arriva parmi nous.  Elle était resplendissante, vêtue d’un chemisier rose et, de plus, affichait une très bonne mine. 

Je fus étonnée, voire même consternée, comme si elle était portée par une énergie venue d’ailleurs.  Je crus au miracle…  Elle s’amusa, dansa et ria allègrement avec nous toute la soirée.  Elle avait très naturellement pris les rênes de l’animation.  Je me couchai l’esprit tranquille et le corps repu.

Je croisai Isabelle, la fin de journée suivante.  Elle avait le teint gris et maussade, l’œil cerné et angoissé.  De marcher, lui apparaissait d’une telle lourdeur.  Elle me montra l’état œdémateux de ses ganglions.  Je l’invitai, ou plutôt l’obligeai à se rendre immédiatement à l’hôpital.  Elle ne voulait pas, puisqu’elle en avait assez de ces allers-retours qui perduraient depuis 5 ans.  Isabelle souffrait d’une aplasie médullaire : maladie de la moelle osseuse.  Finalement, elle acquiesça et, cette fois-ci, ce ne serait plus un aller-retour…

Elle s’en est allée paisiblement ce jour du 15 août.  Des amis et moi lui avons chanté des mantras qu’elle affectionnait, comme le Shanti - La Paix. Nous lui parlions tout en douceur avec beaucoup d’amour, voulant lui faciliter ce passage de détachement.  Ce moment, malgré un énorme chagrin – sentiment légitime et très humain – était empreint d’une beauté ineffable et revêtait un caractère très solennel.  Nous étions tous portés par une énergie indescriptible.

Je me retrouvai là à son chevet, en présence de sa mère.  Nous lui tenions chacune une main et l’imbibions de tout notre amour.  Je demandai l’accord à Suzette, sa mère, pour faire jouer un Ave Maria lors de la cérémonie d’adieu.

…Elle partit tel un ange vers le ciel…

Une amie de la Suisse, que nous avions en commun, me rappela que désormais, Isabelle est une perle de plus dans le grand collier d’amour de la Source. Ces paroles furent tel un vent de réconfort.


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Hommage

 

C’est une ode à l’amour,
À toi ma belle et grande amie Isabelle,
Complice et collaboratrice de tous les jours.

C’est un hommage pour toi,
Notre amie à tous.

Hommage à ta simplicité, ta bonne humeur et ton sourire de gamine.
Tu savais rendre faciles les choses les plus compliquées.  Tu égayais par ta présence.
On te surnommait le « boute-en-train ».

Hommage à ta générosité et à ta bienveillance.
Tu étais là, toujours au bon moment, d’une grande disponibilité de cœur, pour tous et même pour le petit animal qui gémissait à ta porte.  Le cœur sur la main, dit-on.

Hommage à ta force et à ta ténacité.
Malgré des instants de tourmente et un corps qui te suivait de moins en moins, tu savais rebondir comme le chat, à un point tel que si peu te savaient malade et qu’on ne pouvait croire à ta fin.

Hommage à ton sens des responsabilités, ta discrétion et ton souci de la confidentialité.
Tu possédais ces qualités recherchées que tout thérapeute souhaite de son collaborateur.  Tu avais cette facilité de communiquer, en toute simplicité – l’essentiel – auprès de la clientèle du Centre.

Hommage à ton humanisme et ton amour des Êtres.
Tu voulais le bien.  Tu priais pour la paix en ton cœur et sur la planète.

Hommage à ce bel Être de cœur que tu étais, belle Isabelle.

Je te sais là, avec nous, permettant cette union, ce pont entre ciel et terre.  Beau, bon et grand voyage dans cet océan de l’immensité.  Puisses-tu te sentir libérée et comblée. 

Reçois toute ma gratitude, ma reconnaissance et mon amour.

Pour l’éternité,
Ton amie
Lise




P.S.  Pour vous tous et toutes, c’est une invitation de Jade-Éva, ma fille, à donner généreusement de votre sang.  Un geste qui peut-être prolongera ou sauvera une vie.  C’est un clin d’œil pour notre amie Isabelle et à toutes ces personnes qui reçoivent transfusion sur transfusion.  De tout cœur, merci de toute l’équipe de Ahava international.